Publié le 05/02/2026
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Tout savoir sur les matériaux biosourcés dans l’architecture et la construction
Le secteur du bâtiment reste aujourd’hui l’un des plus polluants. En France, il représente 40 % de la consommation énergétique et près de 25 % des émissions de CO2. Un des leviers pour réduire cet impact est d’appliquer des normes énergétiques et d’utiliser des matériaux biosourcés dans les constructions neuves comme dans les rénovations. En effet les matériaux biosourcés sont au coeur de l’architecture durable, mais pour utiliser ces ressources (terre crue, paille sèche, etc.) de façon optimale, il est nécessaire de se former sur les possibilités qu’elles permettent.
Qu’est ce qu’un matériau biosourcé ?
Les matériaux biosourcés sont issus, au moins partiellement, de matières végétales ou animales. Cette notion est définie par le label “bâtiment biosourcé” qui impose une Fiche de Déclaration Environnementale et Sanitaire qui précise l’impact environnnemental et une attestation de la gestion durable des forêts dont il est issu. Par ailleurs il est soumis à l’étiquetage des produits de construction.
Les matériaux biosourcés sont principalement utilisés pour l’isolation (paille, chanvre, bois, laine, etc.), dans les produits chimiques comme la colle ou la peinture, mais aussi dans le béton ou les composants comme avec les panneaux en fibres végétales.
Certains matériaux sont biodégradables, tandis que d’autres nécessitent un traitement en fin de vie. Il est donc impératif de se pencher sur le cycle de vie, depuis son extraction jusqu’à sa fin de vie en passant par sa fabrication, son transport et son usage au moment du choix des matériaux.
Pourquoi faire le choix des matériaux biosourcés ?
La préservation de l’environnement
Les matériaux biosourcés sont moins énergivore à produire que les matériaux classiques, même ceux dits écologiques. Ils nécessitent moins d’énergie grise et sont donc moins éméteurs de CO2. Par ailleurs, les matières végétales stockent du carbone jusqu’à la fin de leur cycle de vie.
Une rénovation énergétique performante
Isolation, déphasage thermique, régulation de l’hygrométrie, les matériaux biosourcés permettent de réaliser des économies de chauffage et de climatisation car ils offrent un confort thermique été comme hiver dans le bâtiment. Ils sont également performants pour l’isolation et le confort accoustiques.
Ces caractéristiques sont particulièrement appréciées dans la rénovation, principalement du bâti ancien, mais aussi dans les constructions neuves.
Une production locale
Des matériaux produits localement ont un impact environnemental réduit (transport) et soutiennent l’emploi local et le développement économique des territoires.
Si certains équipement garantissent la production d’énergie propre, il est important de prendre en considération les énergies et émissions de carbone produites pendant toute la durée de vie du matériau. C’est sur le long terme que se mesure le caractère écologique d’un produit. Les matériaux biosourcés s’inscrivant dans un circuit court et local et étant parfois biodégradables sont les moins éméteurs d’énergie grise (production, extraction, transformation, fabrication, transport, mise en oeuvre, utilisation, entretien et recyclage).
Construction biosourcée et architecture
L’utilisation de matériaux biosourcé modifie le paysage architectural, l’approche et la manière de concevoir des bâtiments. Une formation RE2020 permettra d’appréhender ces transformations profondes.
Matériau et projet architectural
Dans l’architecture conventionnelle, le matériau est souvent un outil de traduction d’une forme pensée en amont. Avec les matériaux biosourcés, la logique s’inverse et le matériau conditionne dès l’origine les choix architecturaux.
Le bois, la terre crue, la paille, le chanvre ou le liège ne se comportent pas comme le béton ou l’acier, ni structurellement, ni thermiquement, ni esthétiquement.
Leur mise en œuvre implique des portées différentes, des hauteurs de plancher spécifiques, des systèmes constructifs plus lisibles ou encore une adaptation au climat et au site.
Le matériau n’est alors plus un simple revêtement ou une solution technique, mais un principe générateur de l’architecture.
Systèmes structurels
La manière de porter le bâtiment est également modifiée en profondeur avec les matériaux biosourcés.
● Le bois favorise les structures tramées, répétitives, lisibles, souvent modulaires. Il induit de la légèreté et une architecture de l’assemblage.
● La terre crue (pisé, adobe, BTC) appelle des murs porteurs massifs, une forte inertie thermique et une relation directe entre structure et enveloppe.
● La paille ou le chanvre, utilisés majoritairement en remplissage, renforcent la distinction entre la structure et l’isolation, tout en épaississant la façade et en modifiant les proportions bâties.
Ces choix ont une influence directe sur la volumétrie, les proportions intérieures, la hauteur des ouvertures ou le rythme des façades.

L’épaisseur des façades
L’épaisseur de mur d’une construction en pierre sera bien plus importante que celle d’une construction en béton. Mais au delà de la contrainte technique, l’épaisseur des murs peut devenir un espace architectural à part entière. Elle redevient une épaisseur habitée et expressive, accueillant des embrassures, des alcôves, des seuils ou des assises. Elle offre ainsi une lecture sensible de la matière.
Penser l’architecture avec le climat
Les matériaux biosourcés rendent l’approche bioclimatique plus rigoureuse. On compose avec le site, l’ensoleillement, l’humidité, avec une valorisation de l’inertie thermique, une gestion des apports solaires, une ventilation naturelle, etc. Le bâtiment répond ainsi aussi bien à des enjeux esthétiques que climatiques.
Esthétique issue de la matière et approche ethique
Les matériaux biosourcés se caractérisent par leurs textures, leurs teintes, leurs irrégularités, ce qui implique une architecture sobre, voir brute, une mise en valeur du détail constructif, une esthétique particulière. Le projet architectural raconte la construction et la rend alors plus lisible, redonnant du sens à l’acte de bâtir.
Construire en biosourcé devient un choix ethique autant que technique et implique une réflexion sur les ressources locales, une revalorisation des savoir-faire, une attention au cycle de vie du bâtiment, une approche plus lente et plus consciente qui englobe les usages et l’impact à long terme.
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